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Publié par Christophe

Triste nouvelle dans le monde de la B.D. et de l’illustration : le dessinateur René Hausman est décédé ce jeudi matin, à l’âge de 80 ans. Célèbre pour ses personnages de BD, c’est pour ses illustrations dans le magazine Spirou que René Hausman s’est fait connaître.

Plusieurs centaines d’illustrations sur le règne animal signées René Hausman ont été publiées depuis 1958. Au cours des années, le Verviétois illustre de nombreux ouvrages de prestige mettant en scène des animaux tels que les deux tomes des «Fables de La Fontaine», «Le Roman de Renart» et le «Bestiaire insolite». Mais, René Hausman est aussi bien connu pour ses dessins de bandes dessinées situés dans des univers féeriques. Une école verviétoise est même allée, en 2012, jusqu’à changer de nom pour porter le sien. L’illustrateur et auteur de B.D. verviétois avait sorti un nouvel album en 2013, dont l’auteur français Pierre Dubois a concocté le texte: «L’Elféméride». Un titre mystérieux, et donc de circonstance, pour un ouvrage sous-titré «Le grand légendaire des saisons». Celui-ci est consacré à l’automne et à l’hiver. Mais une suite, logique, est déjà programmée, avec le printemps et l’été. Et cette année, il avait sorti un album de Chlorophylle, l’héroïne de Macherot, autre auteur de BD verviétois, avec sa griffe. René Hausman avait été désigné Verviétois de l’année 2014.

extrait de ''La Meuse''.

 

René et François . Nathalie Troquette (c)

René et François . Nathalie Troquette (c)

Hommage de Jan Bosshaert

Hommage de Jan Bosshaert

Hommage de Didier Casten.

Hommage de Didier Casten.

Autoportrait  de René Hausman. Marc Hardy (c)

Autoportrait de René Hausman. Marc Hardy (c)

Photo de Réginald Muller (c)

Photo de Réginald Muller (c)

...Apprenez-vous toujours des choses en dessinant ?

Bien sûr ! Tous les jours, même. Des choses à faire et à ne pas faire ! Je serai triste le jour où je n’apprendrai plus rien. J’ai toujours le même enthousiasme que le premier jour. Parfois, je fatigue un peu, ou j’ai plus de mal. Mais cette diminution de régime et d’envie ne dure pas longtemps. L’enthousiasme reprend le dessus. J’ai envie de continuer jusqu’au bout…

Contrairement à Raymond Macherot qui a arrêté la bande dessinée relativement jeune. Oui. C’est dommage ! J’ai fait sa rencontre en 1953. C’était un bourreau de travail, un perfectionniste et un éternel insatisfait. Je me souviens des planches d’un Chlorophylle, probablement celles de Chlorophylle et les Rats Noirs, qu’il jetait à la poubelle avant de les recommencer. Ces pages étaient pourtant tout à fait publiables. Raymond était un pointilleux, réglé à sa table. Et subitement, il a pris sa retraite. Mais cela s’annonçait. Il a traversé des dépressions. C’était un génie, qui est malheureusement méconnu.

Est-ce Macherot qui vous a introduit chez Spirou ? Non. Mais il m’a encouragé à y aller pour y montrer mes dessins. J’avais rencontré, à Verviers, Roger Forthomme, un publicitaire qui avait fait ses premières armes dans la presse locale à Verviers. Il était en relation avec la World Press[[Ndlr : une agence de distribution des bandes dessinées sur le modèle des syndicats américains ou encore du célèbre Opera Mundi de Paul Winkler]. Il m’avait arrangé une entrevue avec Georges Troisfontaine et les éditions Dupuis en 1957. J’avais alors 21 ans. De fil en aiguille, on m’a présenté Yvan Delporte avec qui j’ai créé Saki et Zunie. J’ai commencé ma carrière par cette bande dessinée. J’aurais pu aller au Lombard à l’époque, mais le hasard des rencontres a fait que j’ai été plus rapidement publié par Spirou. Assez curieusement, je n’ai illustré que deux ou trois textes pour Tintin et une couverture pour le journal.

Vous parliez du Bestiaire. Je me souviens avoir feuilleté l’album quand j’étais enfant. Il m’avait fichu la frousse ! Tant mieux ! Je l’ai conçu dans cette optique. Assez curieusement, cela ne correspondait pas du tout à mon état d’esprit du moment. On peut dessiner et inventer une histoire très sombre tout en étant heureux et bien dans sa peau. L’inverse est également vrai… Peut-être est-ce une forme de compensation ? ...

Extrait de l'interview René Hausman : "La créativité, c’est aussi, une histoire d’habitude et d’expérience" 7 juin 2010 par Nicolas Anspach sur Actuabd . (c)

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michel elsdorf 29/04/2016 10:11

le "lansquenet de la BD" est parti conquérir de nouvelles batailles au paradis. René Hausman, était un arbre, un roc, un "monstre", on pensait que rien ne pourrait l'abattre. Il y a quelques années, je me souviens qu'il a fait découvrir, à sa façon, le saucisson à mon fils Adrian. Il lui a présenter le morceau de saucisson planté à la pointe de son opinel. Imaginez la stupeur d'un enfant pas plus haut que la table de cuisine de René et de l'autre côté la stature imposante et un couteau pointé vers lui. Résultat, mon fils adore le saucisson et les couteaux, ...merci René

soyez sabine 28/04/2016 23:07

une année pourrie pour la perte de biens des talents, la faucheuse est gourmande cette année bel hommage .