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Publié par Christophe

Didier Comès, le dernier entretien d'un géant de la BD , interview réalisée par le Figaro .
Le dessinateur belge, créateur du chef-d'œuvre Silence et ami d'Hugo Pratt, est décédé ce jeudi à 70 ans. Cet homme rare a donné au Figaro son ultime interview.

Il était le dessinateur de la sorcellerie, du chamanisme, des rebouteux et du versant occulte de la campagne. Didier Comès est décédé ce jeudi à 70 ans. Plus qu'un dessinateur, c'était un artiste et un maître du noir et blanc, «un exercice difficile mais qui permet de créer des ambiances très fortes», déclarait-il au Figaro lors du dernier Festival d'Angoulême. Son œuvre a réhabilité la marginalité, si bien rendue à travers les trajectoires de Silence, d'Iris, d'Eva ou de La Belette, personnages qui ont marqué toute une génération de lecteurs.

Cette attirance pour la différence, le dessinateur la puise dans son enfance. Né en 1942 dans un petit village germanophone du sud-est de la Belgique, Didier Comès, de son vrai nom Dieter Hermann, a grandi dans les Ardennes belges: «Région qui se trouve à la limite de la frontière allemande qui, comme l'Alsace, a été un moment donnée française, prussienne, belge puis allemande. Je suis clairement le bâtard de deux cultures.» Une empreinte qui le suivra toute sa vie et qui façonnera son imaginaire.

Lors du dernier festival de BD à Angoulême, Didier Comès accordait une interview intime au Figaro. Affaibli, il a mis un point d'honneur à évoquer ses origines rurales, les racines de son œuvre.
Didier Comès a rendu toute sa beauté à la marginalité. (Capture d'écran)

Fils de la Seconde Guerre mondiale, Comès a baigné tôt dans les récits de combats. Une thématique qu'il traitera à travers le fantastique et qui s'affirmera avec un premier chef-d'œuvre, L'Ombre du corbeau, paru en 1976-1977, un portrait onirique d'un soldat allemand durant la guerre de 1914-1918.

Privilégiant le noir et blanc et les longues histoires, à l'instar de son ami Hugo Pratt, Didier Comès connaît la consécration avec le magistral Silence, un récit envoûtant, publié par le mensuel (À suivre) en 1979. L'album, son plus grand succès, sera ensuite couronné par le festival de BD d'Angoulême en 1981. Avec Silence, Comès devient d'emblée un auteur majeur de la bande dessinée.
Resté fidèle aux Ardennes où il vivait à l'écart du monde de la BD, il publiera La Belette, Eva, L'Arbre-Cœur et Dix de der (son dernier album, sorti en 2006), que ses admirateurs attendaient avec impatience. Car Comès était un besogneux au bon sens du terme: il lui fallait bien entre deux ou trois années pour concevoir ses trésors. «Didier Comès avait envoûté les lecteurs (dont j'étais) des premiers numéros d'(À suivre), le mensuel des éditions Casterman, en 1979. Son Silence y faisait grand bruit, aux côtés de Tardi, Cabannes ou Pratt, dont il était l'héritier spirituel», a réagi en hommage Gilles Ciment, directeur de la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image. Silence s'est tu à jamais.

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